La mémorisation d’exposition

La mémorisation d’exposition : cas pratique 

Ce week-end, j’ai été confronté à un cas pratique que j’ai résolu simplement, mais a posteriori je me suis rendu compte que beaucoup d’entre vous pouvaient y être confrontés, et que ce n’était pas forcément évident d’y répondre. Revenons donc sur des notions importantes déjà abordées sur le blog, mais appliquées en pratique.

(Tout d’abord, je vous conseille de lire ou relire l’article sur les modes de mesure de la luminosité , qui sont la solution à cette situation.)

Samedi, les prévisions météo donnaient de l’orage sur Lille, à peu près au moment du coucher du soleil ou après. Je suis donc parti avec mon appareil, mon trépied, mon parapluie et ma télécommande achetée en urgence à la Fnac du coin, dans l’idée de faire de la photo d’orage depuis mon spot préféré de paysage urbain dans la capitale des Flandres. (Pour ceux qui l’auraient raté surFacebook et Twitter , j’ai écrit un article sur le sujet chez Focus Numérique.)

Bref, j’arrive sur ce que j’aime appeler « le toit de Lille », et malgré quelques nuages menaçants, ce que je vois surtout c’est un ciel de coucher de soleil tout bonnement magnifique, à moitié caché derrière les nuages, qui éclaire toute la ville d’une lumière dorée.

(En regardant les cartes d’impact de foudre juste après, j’ai constaté que l’orage avait soigneusement évité notre belle capitale des Flandres pour s’abattre impitoyablement sur la Belgique et les Pays-Bas avant de redescendre vers l’est de la France… J’étais un peu vert ! :P )

Soit, adaptons-nous à la situation ! Je prends donc un premier cliché de ce ciel, qui donne ça :

 

 

Vous m’avouerez que le ciel magnifique, on le cherche un peu :P La raison de ce ciel surexposé ? L’appareil est réglé en mesure évaluative (matricielle), et a donc cherché a exposer correctement toutes les zones de l’image. Dont les zones sombres, c’est-à-dire les immeubles. Et comme la différence de luminosité était trop grande, le ciel est cramé.

La solution : changer de mode de mesure 

La solution est donc de « dire » à l’appareil qu’on souhaite surtout bien exposer le ciel. Pour ça, il faut utiliser un mode de mesure qui ne prend en compte qu’une partie de l’image. Ici, j’ai utilisé le mode de mesure spot, mais on pouvait aussi utiliser le mode de mesure sélective.

Vous allez me dire : « c’est tout, c’est déjà fini ? » Et bien non, car un autre problème se pose : ces modes de mesure tiennent compte de la partie centralede l’image. Voyons pourquoi c’est un problème.

Quand la mesure d’exposition par l’appareil se fait-elle ?

Juste avant la prise de vue : elle n’est pas verrouillée en même temps que la mise au point quand vous appuyez à mi-course sur le déclencheur.

Faites le test :

  • Placez en priorité ouverture (A ou Av), et ouvrez au maximum
  • Choisissez une mesure spot
  • Visez par votre fenêtre n’importe quel élément bien lumineux (le ciel par exemple)
  • Appuyez à mi-course sur le déclencheur pour verrouiller la mise au point
  • Dans le viseur doit s’afficher une vitesse d’obturation élevée (1/4000ème peut-être)
  • Recadrez sur une zone sombre chez vous (votre rideau opaque à contre-jour par exemple)
  • Dans le viseur s’affiche une vitesse bien inférieure

Donc si vous choisissez une mesure spot et que vous ne voulez pas placer votre sujet au centre de l’image, vous allez avoir un problème en recadrant : l’appareil va refaire la mesure de l’exposition, peut-être sur une zone qui ne vous convient pas. Mais là encore, il y a une solution ;)

La solution n°2 : la mémorisation d’exposition 

Normalement présente sur la plupart des appareils qui ont un mode de mesure de la luminosité, la touche mémorisation ou verrouillage de l’exposition est en général figurée par un astérisque * (chez Canon) ou AE-L/AF-L (chez Nikon).

Son utilisation est simple :

  • Vous placez au centre la partie que vous souhaitez utiliser pour faire votre mesure spot. Dans notre cas pratique, le ciel.
  • Vous appuyez sur la touche * ou AE-L/AF-L
  • Une * s’affiche dans le viseur, signifiant que l’exposition a bien été mémorisée.
  • Vous faites votre mise au point et recadrez comme vous le souhaitez.
  • Vous déclenchez.

Et ça donne ceci :

 

Vous m’avouerez que ça rend déjà mieux ;) (et encore, ce n’est pas ma photo préférée de la série, que je vous livre plus bas) 

Voilà donc comment une bonne connaissance de votre appareil vous permet de gérer en quelques secondes une situation lumineuse qui peut être problématique. J’avais déjà abordé ces notions de façon théorique dans l’article sur les modes de mesure, mais il me semble toujours utile de vous exposer des utilisations concrètes des principes que je vous enseigne, parce qu’après tout on est là pour faire des images :D

J’espère donc que la prochaine fois que vous serez confronté à cette situation, vous n’aurez plus de problème, et saurez comment obtenir l’image que vous souhaitez, sans laisser passer un moment qui peut être fugace. En ce qui me concerne, heureusement que je connaissais bien cette fonction, car 1 minute plus tard, le soleil réapparaissait, rendant impossible une photo de ce genre :

(Canon EOS 550D + 18-55mm du kit : 32mm, f/18, 1/200ème, ISO 100)

 

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